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Haïkus du marcheur 1995-97

dominique dieterle

 

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sous le vent du nord
courbé le camélia blanc
neige horizontale


printemps


primevères de Mars
jaune vert de soleil pâle
près des fougères grises


   


pas de mot qui soit
plus profondément le rouge
que la fleur elle-même


   

point inaccessible
voir l'espace du nuage
devenir en pluie


   

croupes d'aubépine
taille-douce au vent marin
miel blanc de printemps


   

regard blanc de lune
oblique dans la fenêtre
neige de printemps


   

le soleil de Mars
a fait éclater le rouge
dans le camélia


 

densité abstraite
insoucieux les goélands
planent à l'air libre


été  

sous le tablier
l'envers du pont joint le fleuve
illusion parfaite

   

aurore brumeuse
le babil des oiseaux seuls
picote le jour

   

tournoi d'hirondelles
cisailles anatomiques
questionnant l'air bleu

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Prairies innondées
fumée bleue sur le talus
vient le soir piquant

automne  

La tortue fuira
l'aquilon des saisons froides
vers un trou profond

   

Sillage de terre
La nuit happe un ver luisant
Jour d'après la mort

 


posé sur la langue
écho jaune mirabelle
au bout de l'automne

 


La gifle du vent
sur la joue grêle d'épingles
plie devant la digue

 


Les ronces fertiles
ferment le chemin du bois
enfin la clairière

   


particules bleues
dans l'eau noire et circonflexe
risée sur l'étang

 
 


La ligne brisée
par les sursauts du vivant
vers la fin se courbe

hiver


Copeau de lumière
mince lune des frimas
Orion monte au ciel

 


chaos de branchages
garenne au sortir d'hiver
odeur de bois frais

   


flaques sur la route
le rêve se met en marche
au-delà des pas

 


quand le feu palpite
tant de mots ne disent pas
que taire est lumière

 


dessins d'arbres nus
effleurés par le vent gris
Février déjà

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le nom de Basho
simple demeure en tous temps
près du bananier

 


pourquoi sont les gens
si nombreux lâchés en tête
signaux électriques

 


L'oeil irisé ment
gaté d'amères images
le noir dit le vrai

   

cotoyant le vide
l'impuissant qui fait le mort
croit cacher sa peur

 


Flamme du briquet
la bouche ouverte se livre
qui dira la nuit

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